Vendredi 23 octobre 2009

  

Le réveil sonne à quatre heures du matin et je le fais taire d’une main morne. J’aurais préféré rester au lit mais pas le choix : le travail n’attend pas. J’aurais pu décliner cette offre étant donné que rentrer des chiffres sur un ordinateur durant huit heures par jour dans un bureau situé à plus de cent kilomètres de chez moi n’est pas spécialement ce à quoi me destinaient mon Doctorat en Lettres, mon Master de philosophie et ma Licence en Sciences du langage, mais j’étais contraint d’accepter sous peine d’être radié des listes des demandeurs d’emploi et de voir mon visage publié dans le Figaro avec la mention : « Fainéant d’assisté » écrit en gras par-dessus. Alors bon.

 

Le temps de me raser et de me brosser les dents, j’écoute France-Info qui annonce que le Ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale, monsieur Harlem Désir, se refuse à surseoir à l’expulsion de quinze Coréens du Nord qui demandaient l’asile politique. « Nous avons vendu trois Rafale d’occasion à ce pays, c’est donc bien qu’il s’agit d’une démocratie exemplaire, et le fait que ces personnes y soient condamnés à mort ne signifie pas que nous ne devons pas les expulser. La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, ni tous les pleurnichards de la planète ! »

 

Je m’habille puis descend les escaliers de mon immeuble, à défaut de prendre l’ascenseur qui est payant depuis six mois. Je croise le facteur de la compagnie Poste-Express et lui tend un billet de dix euros en échange de mon courrier. « Ah non, c’est douze euros aujourd’hui monsieur, il y a un peu plus de publicités que d’habitude ! » Bon. Alors je rajoute une pièce de deux euros, prend le kilo cinq cents grammes de prospectus dans mes deux bras et le déverse dans la poubelle de l’immeuble en ne gardant que les deux enveloppes qui me sont réellement destinées.

 

Je marche dans la rue d’un pas preste et merde ! voilà que je vois mon bus écologique de la société Areva-Hulot s’en aller sans moi quelques mètres plus loin. Je cours dans l’espoir de le rattraper mais un policier m’interpelle immédiatement. « Vos papiers ! Vous ne savez pas que depuis qu’un jogger a renversé une poussette dans la rue et que cela a fait la une des journaux, il n’est plus autorisé de courir sur les trottoirs des agglomérations ? Conformément aux dispositions émises par le Ministère de l’Intérieur et de l’Identité Nationale, je dois vous dresser une contravention de deux cents euros et procéder à un prélèvement de votre ADN.

— Mais on m’a déjà prélevé mon ADN la semaine dernière, quand je suis allé à la mairie pour me faire faire une nouvelle carte d’identité !

— Oui mais ce n’était pas pour le même fichier. A la mairie, c’était pour le LCID, le Listing des Citoyens Imprudents ou Distraits. Tandis que là, c’est pour le CDP, le Classement des Délinquants Pédestres. Et que je ne vous y reprenne pas, hein ! Sinon vous serez bon pour le CDPR, le Classement des Délinquants Pédestres Récidivistes !

— A propos monsieur l’agent, est-ce que j’ai le droit de consulter les informations sur moi qui sont contenues dans ces fichiers ?

— Bien entendu, la CNIL a veillé à ce que cela soit possible. Tout ce que vous avez à faire, c’est adresser au Ministère du Renseignement et de l’Identité Nationale une demande de consultation en trois exemplaires, dûment motivée et paraphée par un avocat, puis de vous présenter à la Préfecture avec un bidon d’essence et une boîte d’allumettes en menaçant de vous immoler par le feu. Et là, logiquement, on devrait accéder à votre requête. Bon, voilà votre amende. Je vous laisse, je viens d’écraser un enfant sur un passage piéton et je voudrais aller me faire relaxer en comparution immédiate au Tribunal avant l’heure du déjeuner. »

 

Je prends l’amende et la fourre dans ma poche. Comme j’ai le temps avant que le prochain bus n’arrive, je rentre chez le marchand de journaux situé à côté de l’abribus pour m’y procurer quelque lecture. Les magazines proposent tous des unes plus ou moins similaires : on vante la réussite politique de Jean Sarkozy qui vient d’être nommé, en plus de ses fonctions de conseiller régional, de maire et de sous-ministre des Anciens Combattants et de l’Identité Nationale,  Ambassadeur de France à Monaco. Les quelques personnes qui osent parler de népotisme sont quant à elle accusées de fraude fiscale massive ou de détention de matériel pédopornographique sur leurs ordinateurs. L’Express, pour sa part, dresse un bilan des deux mandats présidentiels de Barack Obama aux Etats-Unis. Il a résolu le conflit Israélo-Palestinien, convaincu l’Iran de renoncer à la bombe atomique et à l’antisémitisme, mis fin à l’épidémie de SIDA en Afrique, ramené la paix et la démocratie en Irak et en Afghanistan, et fait diminuer de moitié le taux d’obésité dans son pays. Le journal titre : « Obama, un bilan décevant : Nicolas Sarkozy aurait fait mieux ! »

 

Je cherche le Canard Enchaîné mais il a encore été saisi cette semaine. Courrier International, pour sa part, n’est plus en vente que dans les sex-shops. Spirou propose les Aventures de Petit Louis, en passe de devenir plus populaires que celles de Titeuf, surtout depuis que Zep a été nommé Ministre du Développement Durable et de l’Identité Nationale. Finalement, je m’achète un exemplaire du Nouvel Observateur qui propose en couverture une photographie de François Fillon, toujours premier ministre. Il a perdu vingt kilos et ressemble à un vieillard atteint de malnutrition. Son visage est recouvert de bleus et de bosses. « Le Président de la République et moi travaillons en bonne entente et main dans la main », affirme t-il en esquissant un sourire édenté.

 

Finalement le bus arrive. Je monte dedans et me dirige vers les places du fond, les strapontins les plus confortables étant réservés aux gens qui possèdent une Rolex. Comme le veut la consigne édictée par le Ministère de la Culture et de l’Identité Nationale, dirigé par Jean-Marie Bigard, la dernière chanson de Carla Bruni tourne en boucle dans les enceintes du véhicule.

 

Mon mari

Il est tout p’tit,

Mais c’est un grand

Président.

 

Quand il parle,

Il m’fait penser

Au Grand Charles

En mieux habillé.

 

Deux heures plus tard j’arrive enfin au bureau. Je montre ma carte de non-syndicaliste au personnel de la Sécurité, conformément aux nouvelles directives du Ministère du Travail et de l’Identité Nationale, puis me plonge sur mon clavier et dans mes chiffres. Ma collègue de bureau est très jolie. Elle me plait, et je lui plais. Mais comme nous n’avons pas le droit de nouer des relations extraprofessionnelles sous peine de licenciement sans indemnités, elle se contente de se pencher un peu pour me laisser entrevoir ses seins dans son décolleté, et moi je regarde d’un œil furtif en prenant garde de ne pas me faire attraper par le directeur qui pourrait me dénoncer au Ministère des Bonnes Mœurs et de l’Identité Nationale dont Christine Boutin a obtenu la création et que dirige actuellement monsieur Philippe de Villiers.

 

Ma journée de travail finie, je lui adresse un petit sourire et me rends à la gare, les bus ne circulant plus. Juste avant, je passe par le bureau de tabac pour m’y acheter un paquet de Pall Mall à cinquante euros. Moins cher que les autres, mais il n’y a que trente grammes. Conformément aux directives gouvernementales, les autres clients me donnent des coups et me font des crocs-en-jambe en me serinant le slogan actuel des campagnes anti-tabac télévisuelles : « Fumer c’est pour les salauds, fumer c’est pas beau ! »

 

La salle d’attente de la gare diffuse France-Inter, dont les programmes ont quelque peu changé depuis quelques années. L’émission de Daniel Mermet a été remplacée par des discours libéraux de Christophe Barbier, et Frédéric Lodéon ne diffuse plus que des chansons de Michel Sardou ou de Johnny Hallyday. J’apprends durant le bulletin d’informations que les chiffres de la délinquance sont en baisse, et c’est vrai que je ne me suis fait taper dessus que deux fois dans la rue ce mois-ci, contre six pour le mois précédent. Toujours en matière de chiffres, la Ministre du Travail et de l’Identité Nationale, madame Paris Hilton, se félicite avec son accent charmant d’observer une baisse notable de la hausse des suicides chez France Telecom. « Cinquante employés seulement se sont pendious cette année, c’est donc un immense siouccès que nous devons à la gestion très hioumaine du nouveau director de cette entreprise, mister David Pujadas ! »

 

Enfin, lorsque le train arrive, je monte dedans et ouvre mon courrier. La première lettre est un rappel de cotisation de l’UMP. J’étais obligé de prendre ma carte si je voulais conserver le droit de porter des chaussettes et des caleçons. La seconde est un courrier commun émanant des laboratoires Sanofi et Novartis.

 

« Monsieur,

 

Pour le quatrième hiver consécutif, vous n’avez pas contracté de grippe A, ni tout autre virus présent actuellement sur votre territoire. Nous vous rappelons que votre bonne santé insistante constitue une menace pour l’équilibre financier de l’industrie pharmaceutique. Aussi, et selon le décret édicté par le Ministre de la Santé et de l’Identité Nationale, monsieur Jean-Pierre Coffe, nous vous demandons de nous adresser un chèque de cinq cents euros en échange duquel vous sera remis, moyennant un petit supplément de trente euros pour les frais de port, un manuel explicitant les dangers que constituent le socialisme et le communisme pour l’organisme, et les meilleurs moyens pour s’en prémunir. »

 

Je feuillette ensuite un exemplaire du Figaro que quelqu’un a laissé traîner, y apprenant que l’appartement de Ségolène Royal a encore été cambriolé pour la onzième fois ce trimestre, ce qui prouve bien, conclut le journaliste, que cette femme mène une mauvaise vie. Je découvre également que les Banques vont bénéficier d’un allègement d’impôts exceptionnel cette année, leurs chiffres d’affaires étant tellement élevés que le Ministre des Finances et de l’Identité Nationale, monsieur Marc-Olivier Fogiel, n’a pas le cœur de les priver « de tant de bons gros sous », pour reprendre ses termes. Enfin, la chasse aux espèces en voie de disparition ne sera ouverte cette année que du premier février au trente et un décembre, ce qui provoque la colère du CNPT. La FNSEA se montre solidaire des chasseurs, se considérant elle aussi victime d’une injustice en constatant que le Ministère de l’Agriculture et de l’Identité Nationale ne versera cette année aux producteurs bretons d’algues vertes que trois cents milliards d’euros de subventions au lieu des quatre cents espérés.

 

Sur ce, je repose le journal et me laisse somnoler doucement. Je tombe dans un demi-sommeil tandis que le train roule mollement et je m’immerge dans un monde où le spectacle permanent n’a pas encore remplacé la politique, où l’on peut traverser une rue sans se retrouver filmé sous tous les angles, où l’intégrité morale des individus est respectée dans leur vie privée comme sur leur lieu de travail, où la religion n’empoisonne pas la vie de ceux qui n’y adhèrent pas, où le mérite a encore un sens et l’intelligence encore une place.

 

Et je me réveille en sursaut, pris de sueurs froides, et tâte la petite puce électronique implantée dans le bas de mon crâne. Et je me dis « merde, encore un rêve non-conforme... Ce coup-ci, je suis bon pour la Correctionnelle ! »

 

Par Thenor Fulimate - Communauté : Humour de tout genre
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Samedi 10 octobre 2009
 
Barack Obama est donc le nouveau lauréat du Prix Nobel de la Paix. Les Suédois auraient préféré décerner le Prix Nobel de la Guerre à son prédécesseur, mais ça n'existe pas.

Pendant ce temps, la NASA envoie des engins s'écraser exprès sur la Lune dans l'espoir d'y trouver de l'eau. Si des extraterrestres prennent ça pour une déclaration de guerre et nous attaquent, il aura l'air fin, le nouveau Prix Nobel de la Paix !

Frédéric Mitterrand accusé de faire l'apologie du tourisme sexuel en Thaïlande. Mais personne ne reproche à Nicolas Sarkozy de se livrer à l'apologie des conflits armés en faisant le tour du monde pour essayer de fourger des Rafale.

Par ailleurs, depuis qu'il a pris la défense de Polanski, les attaques sur la moralité de l'actuel Ministre de la Culture n'en finissent plus. A ce rythme, on va bientôt creuser dans son jardin pour voir si des ossements de petits garçons n'y sont pas enterrés.

Des attaques sensiblement indignes et qui fleurent bon l'Ordre Moral lancées par Marine Lepen et que certaines personnalités de Gauche ont jugé bon de relayer. Ça doit être ça, l'ouverture, pour les socialistes...

Benoît XVI dénonce le « colonialisme dont souffre encore l'Afrique ». Les générations d'africains convertis de gré ou de force au catholicisme peuvent lui dire chaleureusement merci ! Mais c'est au moins aussi crédible que si le fantôme d'Adolf Hitler venait déplorer publiquement la persistance de l'antisémitisme en Europe.

Amusant titre d'un article du Monde : « L'Irrésistible ascension de Jean Sarkozy dans les Hauts-de-Seine ». Irrésistible, sans doute ? Mais « ascension » ? Avec le papa qu'il a, Jean Sarkozy, ce n'est pas demain la veille qu'il aura besoin de sortir ses mousquetons...
  
Par le Never Trust - Communauté : Humour de tout genre
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Mardi 29 septembre 2009
 
D'abord, c'est l'histoire d'un ministre. Il s'appelle Mitterrand. Il s'appelle Mitterrand parce qu'il est le neveu de l'autre, celui qui a été président. Et si l'on peut reprocher plein de choses à son tonton président, on ne peut pas lui enlever ceci : même dans ses périodes les plus étranges où il s'encanaillait avec des ridicules façon Tapie, jamais il n'a été tenté de nommer son Frédéric de neveu au Ministère de la Culture. Mais Sarkozy l'a fait. Il voulait un Mitterrand dans son équipe, question d'ouverture, le nom qui prime avant tout le reste. Alors Frédéric Mitterrand est devenu Ministre de la Culture, et depuis c'est pas triste.

Ensuite, c'est l'histoire d'un réalisateur. Il s'appelle Polanski. Il n'a pas eu une vie facile, mais en même temps il est né en Pologne, et ceux qui choisissent de naître en Pologne, tout de même, ils cherchent un peu les emmerdements. Il a vécu aux Etats-Unis. Il y a même épousé une très belle jeune femme mais le mariage s'est soldé par un échec le jour où la très belle jeune femme a servi de cobaye pour les autopsies paramédicales pratiquées par Charles Manson et sa bande de joyeux Freak Brothers. Et puis, un soir, en 1977, après avoir beaucoup bu et ingéré des produits que la morale réprouve, Polanski a eu la très mauvaise idée d'avoir des relations sexuelles avec une trop jeune fille. N'ayons pas peur des mots : treize ans, c'est trop jeune. Et en plus, ça porte malheur. Et voici que ce réalisateur talentueux, peut-être génial, se vautre dans une comédie de bas-niveau, façon : « Chérie, j'ai élargi la gosse ! »

Et voici qu'il doit quitter les Etats-Unis, Polanski. Parce qu'on l'accuse d'un viol qu'il nie avoir commis, et qu'on lui promet quelque chose comme cinquante années de prison, alors qu'il avait fait d'autres projets pour le demi-siècle à venir. Il est venu vivre en France. Il n'a violé personne. Il n'a pas enterré de cadavres de petites filles dans son jardin. Il s'est marié normalement, comme tout le monde. Il a fait des enfants normalement, comme tout le monde. Il est devenu membre de l'Académie des Arts, normalement, comme tout le monde. Et puis trente ans après il se fait arrêter en Suisse, parce que les Etats-Unis n'en ont pas fini avec cette histoire. Ce sont bien les seuls, mais ce sont eux qui font la loi. Sauf en Irak ou en Afghanistan, évidemment.

Alors notre ministre de la Culture se répand dans la presse pour voler au secours de Polanski. Et parmi ses déclarations, que le Never Trust, à son grand regret, n'arrive pas pour le coup à trouver mauvaises, il nous explique qu'il soutient Roman Polanski, à l'image du gouvernement dont il fait partie, et selon ses dires à l'image de tous les français. Et c'est là qu'il dit une connerie, Mitterrand. Encore une. Parce que Frédéric Mitterrand, un français, il ne sait pas à quoi ça ressemble. Un français pour Frédéric Mitterrand, c'est un bonhomme qui porte un smoking et une coupe de champagne, et qui pérore sur la déchéance culturelle dans laquelle sombre notre société. Aux yeux de Frédéric Mitterrand, les français ce sont des gens qui jouent dans des films ou qui en réalisent, qui écrivent des livres, qui peignent des choses, et qui passent à la télévision. Le français qui boit son café le matin au comptoir, avec sa  chemise mal repassée à moitié sortie du pantalon, il n'a vu cela que dans les feuilletons où joue son beau-tonton Roger Hanin, Frédéric Mitterrand.

Et le problème, c'est que ce français-là, il n'en a rien à fiche de Polanski. D'abord il n'a pas vu beaucoup de ses films. Ce n'est pas le genre de TF1 ou de France 2 de diffuser Le Bal des vampires ou Répulsion à une heure de grande écoute. Le Pianiste, à la rigueur. Mais c'est moins larmoyant que La Liste de Schindler et moins burlesque que La Vie est belle, alors dans l'ensemble on évite tant qu'on peut. 

Ce français-là, tout ce qu'il voit, c'est : « relations sexuelles avec une mineure de treize ans ». Et ça lui suffit. Ça lui suffit pour prononcer le mot que tout le monde attendait, celui qui fait frémir, celui qui fait pleurer dans les chaumières et ruer dans les brancards toutes les bonnes âmes nourries au grain du pays : « Pédophile ! »

Il ne les a pas lus, les commentaires des internautes, Frédéric Mitterrand. Sinon il ne viendrait pas nous dire que tous les français sont derrière celui qui est devenu leur compatriote par la force des choses. Ce qu'il lirait, c'est un merveilleux déferlement de haine. « Polanski pédophile ! Enfermez-le ! Qu'il soit jugé ! Cinquante ans, c'est pas assez ! Qu'il crève, Polanski ! C'est pas parce qu'il est riche qu'il doit avoir un traitement de faveur ! C'est pas parce qu'il est pas comme nous, les pov' gens que nous sommes, les damnés de la terre, qu'il doit pas aller en prison ! C'est un pédophile ! C'est un pédophile ! Et puis en plus, ses films ils sont même pas bons ! »

Tout comme il aura fallu attendre que Bertrand Cantat envoie valdinguer sa gonzesse dans les pâquerettes pour entendre des gens se flatter de ne pas aimer les chansons de Noir Désir, eux qui jusqu'ici ruminaient dans l'ombre sans oser avouer leurs goûts musicaux parce que ça ne faisait pas bien auprès des potes ou, pour les plus célèbres, dans les médias, voilà qu'il est donc du meilleur ton de ne PAS aimer les films de Roman Polanski. Vous comprenez, c'est un pédophile. Aimer ses films, déjà, c'est suspect, vous ne trouvez pas ?

Sauf que Polanski n'est pas un pédophile. Sauf que rien n'indique qu'il soit atteint de cette pathologie. Sauf que rien n'indique qu'il soit une menace pour qui que ce soit. Sauf que rien n'indique non plus qu'il puisse mériter de finir ses jours en prison pour une histoire dont même la principale intéressée, la jeune fille de treize ans de l'époque, demande à ce qu'elle soit oubliée une bonne fois pour toutes.

Ecoutons ensemble le chant des hululeurs. Ils proclamaient qu'il fallait couper la tête du juge Burgaud, et les voici qui font encore pire que lui : qui jugent sans même avoir en leur possession un gramme de dossier, un soupçon de témoignages, une pincée d'information. Mélanger des histoires de moeurs sur des mineures avec du bon populisme puisé à la source et voilà ce que cela donne : des milices verbales, de l'indignation de bonne soeur, et pour finir un imbécile au milieu qui réclame le rétablissement de la peine de mort. Des Burgaud en puissance. Et fiers de l'être parce que convaincus qu'ils ont affaire à un pé-do-phi-le.

Alors, tout ce que l'on peut conseiller à Roman Polanski, c'est d'essayer d'attraper la grippe A de toute urgence. On le mettra en quarantaine et ce sera toujours ça de gagné pour retarder son extradition, si extradition il doit y avoir. Pour le reste, non, hélas, Frédéric Mitterrand devra se faire une raison : tous les français ne sont pas derrière Polanski. Beaucoup font ce qu'ils font toujours : ils parlent pour ne rien dire, ils ne prennent pas la peine de savoir, ils se vantent d'ignorer ce qu'on leur explique, et au final ils se trompent sur toute la ligne et en éprouvent même de la fierté. Il aurait tort de leur en vouloir, Mitterrand : sans eux, jamais Nicolas Sarkozy n'aurait été élu Président, et jamais il n'aurait eu l'occasion d'enfiler une redingote ministérielle.

Que Polanski, voilà trente ans, ait commis une abominable connerie, pénalement condamnable et moralement déplorable, on ne peut pas vraiment le nier. Réclamer aujourd'hui cinquante années de prison pour cette même connerie, parce que soudainement cela refait la une des journaux, cela relève d'une incompétence intellectuelle crasse. Et ça non plus, on ne peut pas vraiment le nier.

Et voici que Sarkozy, fervent partisan de l'extradition vers l'Italie d'anciens terroristes d'extrème-gauche depuis longtemps amendés, va devoir faire des pieds et des mains pour tenter de négocier la liberté de Polanski avec les Etats-Unis. Contre l'avis d'une bonne majorité de ses électeurs et de ses sympathisants. C'est bête, non, la démagogie ? quand ça vous revient dans la figure comme un boomerang...

Pour se sortir de ce nouveau petit pétrin qui vient s'ajouter à tous les autres, la Crise, le Déficit, la privatisation de la Poste, la Taxe Carbone, et tout le reste, il ne lui reste plus qu'à nous inventer une deuxième grippe. Parce qu'une seule n'y suffira plus. On l'appellera la Grippe B. Ça fera parler dans les rédactions, et les commentateurs internautiques auront l'occasion de feuler sur le harcèlement des médias et la façon dont on nous cache les vrais problèmes. Car c'est bien souvent là leur crédo, à tous ces braves gens qui donnent leur opinion sur tout sans jamais prendre la peine de réfléchir : « les vrais problèmes ».

A la manière d'un microbe qui se plaindrait d'être malade.

Mais quoi que l'on pense de cette histoire, et quoi que l'on pense de Polanski en tant qu'homme, il serait triste d'oublier ses films. Ce sont souvent des chefs-d'oeuvre. Alors, au moins, faites que l'on ne jette pas le bébé de Rosemary avec l'eau du bain.
 
Par Picrotal Sectore - Communauté : Que de l'humour
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Jeudi 17 septembre 2009
Quitte à truquer des élections, le Parti Socialiste aurait aussi bien pu s'arranger pour remporter les Présidentielles de 2007, ça aurait été plus utile pour tout le monde.

Grosse colère des producteurs de lait : ils se plaignent notamment de la concurrence déloyale que leur livrent impunément les femmes enceintes.

Roselyne Bachelot annonce que la France est officiellement en pleine épidémie. Comme si on avait attendu cela pour la prendre en gripe !

Une enquête révèle que les catholiques divorcent autant que les autres catégories de français. Mais avec leurs douzaines de chiards, forcément, les pensions alimentaires sont plus élevées que la moyenne...

Dans le cadre de la lutte contre la propagation de la grippe porcine, Nicolas Sarkozy invite Brice Hortefeux à ne plus faire de plaisanteries racistes à moins de deux mètres des caméras de télévision.

Décès de l'ancien chanteur des 2b3. C'est gentil de sa part, mais maintenant que le groupe n'est plus en activité, ce n'était vraiment pas la peine de mourir.

Pris dans la tourmente, les gestionnaires de France Telecom ont su réagir intelligemment en décidant de surfacturer les appels à destination de S.O.S. Suicides.

Michael Jackson aura beaucoup plus fait parler de lui en mourant qu'en tripotant des petits enfants. Du coup, Patrick Swayze, qui avait déjà en poche son billet d'avion pour la Thaïlande, a finalement opté pour un cancer du pancréas.

Philippe de Villiers se rallie à l'UMP, comme en son temps Chevènement avait fini par rejoindre le PS, la queue entre les jambes. Le populisme, c'est comme le strip-poker : à plusieurs c'est amusant, mais tout seul c'est juste glauque.

Intéressante coïncidence : c'est au moment où Barack Obama chute dans les sondages d'opinion que Ben Laden refait parler de lui...

Après le malaise cardiaque de Nicolas Sarkozy, Carla va t-elle enfin comprendre qu'il faut qu'elle arrête d'essayer de lui faire lire des livres ?

Concernant notre Président, par ailleurs, si l'on regarde attentivement le type de personnages dont il aime s'entourer, on se demande vraiment pourquoi il a choisi une formation d'avocat quand tout le destinait en réalité à devenir un éminent proctologue.

Sensibilisation des enfants sur la question de la grippe porcine : si un vieux cochon vous aborde, d'abord vous mettez un masque, et ensuite vous ne baissez pas votre culotte !

L'été, comme d'habitude, n'aura pas manqué de faits-divers croustillants. Depuis l'essor de la lutte pour la protection des animaux, on parle plus volontiers des fillettes empoisonnées ou des adolescentes violées que des chiens écrasés.

Arlette Chabot a sagement fait détruire des images recueillies par les caméras de France 2 montrant Jean-Louis Borloo saoul comme un cosaque. Mais si ses journalistes pouvaient attaper Martine Aubry en train de fumer une cigarette, là ça ferait la une du Vingt heures... !

Franck Riester, rapporteur UMP de la fameuse loi Hadopi, affirme que cette dernière « respecte les droits de la Défense ». Notamment de la défense de l'ouvrir, de la défense de se plaindre, de la défense de protester et de la défense de se défendre.

Une élève du lycée d'Estampes suspendue pour avoir organisé une manifestation visant à critiquer les remarques adressées à certains élèves portant des mini-jupes ou des shorts. Déjà qu'ils ne portent plus d'uniformes, maintenant ils veulent avoir le droit de s'exprimer, si ça continue ils vont finir par croire qu'on est en démocratie et ça va nous refaire une belle chienlit !

L'indécence vestimentaire devenant de plus en plus fréquente dans certains établissements, le Ministre de l'Eduction Nationale envisage d'ailleurs de faire voter une loin interdisant aux lycéennes d'avoir des jolis culs ou des beaux seins.

Et enfin, à Valence (Drôme), une pièce se détache d'un avion et tombe sur le toit d'une maison. Difficile d'en vouloir aux pilotes : c'est tellement moche comme ville, comment résister à l'envie de la bombarder ?


Par Le Never Trust - Communauté : Humour de tout genre
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Vendredi 10 juillet 2009
 
François Fillon nie un « quelconque largage de l'outre-mer ». Encore un qui n'a jamais entendu parler de la dérive des continents.

Le même François Fillon a déclaré que l'opposition était « mentalement enfermée dans le pessimisme ». Alors que son visage jovial a tant de raisons de nous inspirer une sincère foi en l'avenir !

La rescapée de l'Airbus A310 a été opérée du visage. Elle survit à un crash et en profite pour se faire virer son bec-de-lièvre !

Enquête : les français seraient considérés comme les pires touristes du monde. En même temps, seuls les électeurs de l'UMP ont les moyens de se payer des vacances à l'étranger, alors forcément...

Le G8 organisé parmi les ruines d'un tremblement de terre. Le capitalisme se prépare t-il psychologiquement à son propre effondrement ?

Nicolas Sarkozy a déclaré : « une frappe unilatérale d'Israël contre l'Iran serait une catastrophe absolue. » Tandis qu'une frappe multilatérale ne serait qu'une catastrophe relative !

Le même Nicolas Sarkozy a défini sa fonction présidentielle comme « inhumaine ». Superman est donc invité à se présenter aux élections de 2012.

Les relations entre Israël et les Etats-Unis se compliquent, suivies par celles avec l'Europe. A ce rythme, Netanyahou ferait bien d'apprendre par coeur l'indicatif téléphonique permettant d'appeler en Australie...

Un camion piégé tue vingt-cinq personnes en Afghanistan. Il va vraiment falloir développer une vraie politique de transports en commun dans les pays Arabes...

Répression d'une manifestation en Iran. Les opposants au régime n'ont plus qu'une solution : lapider des femmes durant leurs manifestations pour faire en sorte que la police n'intervienne pas.

Les Etats-Unis affirment avoir été victimes de cyber-attaques durant la journée du 4 juillet. Il faut dire que les simulateurs de vol sont de plus en plus performants !

Le dermatologue de Michael Jackson se défend : « Tout comme mon patient, je suis blanc comme neige ! »

Des scientifiques britanniques ont réussi à créer du sperme humain à partir de souches embryonnaires. Prochaine étape : fabriquer du vrai caca en laboratoire !

Environ 80 % des lycéens ont eu leur bac cette année. Les autres ont une nouvelle année supplémentaire pour essayer d'apprendre par coeur l'alphabet et la table de trois.

Nicolas Sarkozy outré d'avoir dû faire ouvrir des boutiques parisiennes un dimanche afin que Michelle Obama puisse faire du shopping. Il convient donc de légiférer sur le travail dominical, madame Obama étant susceptible chaque dimanche d'aller faire des emplettes surprises à Dunkerque ou à Béziers.

 





Par Le Never Trust - Communauté : Que de l'humour
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Lundi 29 juin 2009
 
Plutôt que de créer un nouvel impôt, Nicolas Sarkozy veut lancer un grand emprunt national. Il s'agira d'un emprunt obligatoire et non remboursable.

La famille de Michael Jackson demande une seconde autopsie. Il s'est tellement fait charcuter de son vivant, pourquoi arrêter sous prétexte qu'il est mort ?

Julien Dray est confiant : « les enquêteurs n'ont aucune preuve ! » Encore un qui n'a jamais entendu parler du procès Colonna !

François Fillon annonce un report de l'âge de la retraite. Bien des français seraient pourtant prêts à cotiser pour qu'il prenne la sienne tout de suite.

Inquiétude quant au virus de la grippe porcine : si une épidémie devait survenir en même temps que le Tour de France, il serait impossible de vacciner les personnes à risque, faute de seringues disponibles.

Jack Lang affirme avoir refusé le Ministère de la culture. On est heureux de voir que, malgré sa déception, il n'a pas perdu son sens de l'humour.

Jean-Paul Alduy réélu à la mairie de Perpignan. Pas besoin d'utiliser des chaussettes quand l'électeur vote avec ses pieds.
 


Par Le Never Trust - Communauté : Que de l'humour
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Mercredi 24 juin 2009
 
Oui, la ligue des journalistes, le congrès des médias nationaux, a tort de se gausser comme elle le fait de l'affaire du crododile invisible de l'étang de Xertigny, dans lequel s'ébattent depuis une bonne semaine d'insatiables fouilleurs. Depuis que des témoins dignes de foi ont entraperçu la bête, l'émotion règne autour de l'étang. Mais le sérieux de l'entreprise est contrecarré par les plaisanteries au ras des nénuphars de la presse française, trop heureuse qu'un petit peu d'insolite puisse faire oublier la crise, la grippe porcine, la pauvreté de notre diplomatie en Iran ou la vacuité déplorable des discours versaillais de notre Président. Nous autres, au Never Trust, ne mangeons pas de ce pain-là. C'est pourquoi je me suis rendu personnellement à Xertigny afin de prendre le pouls de la situation, et de vous livrer ce reportage dont la crédibilité ne saurait être remise en cause, ou en tout cas pas plus que celle de la nomination d'un présentateur de télévision à la tête du ministère de la Culture. 

Ce sont des gendarmes qui, les premiers, ont vu la bête. L'un d'entre-eux nous raconte : « avec mon collègue, nous faisions des rondes autour de l'étang, bien connu pour être un lieu de passage des trafiquants de caramels mous qui sévissent dans la région. Jusqu'ici, nous n'avions jamais rien observé d'inhabituel en ce qui concerne la faune et la flore autour de cet étang, à l'exception d'un éléphant rose que nous avons vu voler dans les environs, mais ça c'était surtout le cognac, je pense. »

A quoi ressemblait la bête ? « Nous ne l'avons vu que durant quelques secondes. c'était une sorte de gros lézard tout vert avec des écailles épaisses. J'ai poussé un cri en l'apercevant. L'animal est probablement en situation irrégulière, car en voyant nos uniformes il s'est aussitôt enfui dans les eaux profondes de l'étang. Nous sommes alors rentré à la gendarmerie où nous avons fait notre rapport. Le major nous a fait passer un test d'alcoolémie, qui s'est révélé négatif. On ne l'avait jamais vu aussi surpris ! »

Dés que l'alerte est donnée, la fouille accroît autour de l'étang, malgré les contrepéteries faciles, la foule des badauds curieux ou sceptiques. L'organisation est remarquable, ainsi que j'ai pu m'en rendre compte : plusieurs barques parcourent l'étang. A leur bord, des rameurs professionnels évoluent dans l'onde douce en chantant des barcarolles, tandis que des sondeurs professionnels demandent aux grenouilles ce qu'elles pensent des effets bénéfiques des soldes sur la consommation des ménages. Ils laissent également traîner sous l'eau des sonars très efficaces qui leur permettent de repérer la moindre trace de vie.

« L'ennui, nous confie l'un des sondeurs, c'est que ces appareils ne permettent pas de savoir avec précision ce que nous observons. Un sonar ne fait pas la différence entre un petit crocodile et un gros brochet. En même temps, la plupart d'entre-vous sont infichus de faire la différence entre un radar et un sonar, alors c'est pas la peine de se moquer ! »

Depuis une semaine que les fouilles ont commencé, la motivation des hommes s'essoufflent. Cette quète difficile porte son lot de déceptions. « Avant-hier, l'un de nos sondeurs a poussé un cri de victoire en apercevant une forme inhabituelle sur l'écran de son sonar. Nos hommes grenouilles ont immédiatement plongé, mais tout ce qu'ils ont trouvé, c'est la boîte noire du vol AF 447. Nous l'avons rejetée a l'eau, dépités. »

Une autre méthode consiste a essayer d'attirer le reptile hors de l'eau.  Ainsi, plusieurs gendarmes disposés autour de l'étang agitent des gants, des boîtes de tampons hygiéniques ou des tubes de rouge à lèvres, en espérant que l'instinct de l'animal le poussera hors de sa cachette. Tactique similaire mais différente : près de la berge, un poulet a été attaché sur un piquet en guise d'appât. Il s'agit d'un adjudant-chef. « Si cela ne marche pas, on essayera avec un vrai poulet, et tant pis pour les protestations de la SPA ! », nous confie le responsable des opérations.

Naturellement, cette histoire insolite attire bon nombre de touristes, espérant apercevoir l'animal si convoité. « Je suis venu exprès de Floride pour voir ça ! » nous dit un citoyen américain enthousiaste. Les gendarmes, en plus des fouilles, doivent à présent se soucier de la sécurité publique. « Si l'un de ces touristes devaient se faire attaquer par le crocodile, il faut que nous soyons prêts à le verbaliser pour non-respect de l'interdiction de donner à manger à des animaux sauvages en zones aquatiques ! » nous confie l'un des militaires.

La dernière solution, au cas où l'animal resterait invisible, serait de vider l'étang. « Nous n'y sommes pas encore résolus, nous dit un représentant de la préfecture, mais si cela devait se décider, un stock de plusieurs milliers de pailles sera mis à la disposition des gendarmes. »

En attendant que cet évènement insolite ne trouve son dénouement, les habitants du petit village supportent avec dignité les pressions médiatiques et les moqueries faciles. Leur maire nous l'a dit tout net : « Nous sommes des gens fiers et solides. Il faut que les gens sachent, que la France entière sache, que ce n'est pas ici, à Xertigny, que les loques naissent ! »
 
Par Ornott Toubi - Communauté : Que de l'humour
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Mercredi 17 juin 2009
La Dette Nationale n'en finit plus de faire débat. La chose est entendue, aussi déplorable soit-elle : ce sont nos enfants, voire nos petits-enfants, qui devront l'éponger, la Dette Nationale. Moi je m'en fiche, des enfants je n'en ai pas, et sauf étrangeté de la nature je n'aurais donc pas non plus de petits-enfants. Mais tout de même, la Dette, elle pèse sur notre moral. C'est pour cela que les gens se ruinent en parcs d'attraction, peluches grandeur nature, sorties ciné-Disney et barres chocolatées qui font grossir : c'est pour se faire excuser par avance de léguer une dette aussi faramineuse à de braves enfants qui n'ont rien demandé à personne. Se faire pardonner ça, et tout le reste. Faire de l'enfance un paradis artificiel tant le monde des adultes est un implacable enfer. Bien entendu, il serait certainement mieux, pour le bien-être de ceux que nous faisons pousser sur Terre, de réformer la société de fond en comble afin de la rendre plus, et mieux, vivable. De faire un vrai travail de fond plutôt que de basses tâches rustinières. Mais ça, forcément, c'est beaucoup plus compliqué. Alors bon. Faute de mieux, et puisque le monde est pourri, autant gâter nos enfants avant que de les lui confier.

Bref, la Dette. Des milliards et des milliards d'euros. Avec les intérêts, en prime. Et ce sont nos enfants qui vont devoir l'éponger, la Dette. Et vous croyez qu'ils vont le faire ? Bien sûr que non. Pourquoi le feraient-ils ? Pourquoi payeraient-ils pour un train de vie dont ils n'auront presque jamais profité ? Cette manie que nous avons de prendre nos propres enfants pour des vaches à lait relève du cannibalisme.

Alors, que nous reste t-il comme solution, face à la Dette ? Le terme même de Dette est devenu terrible, terrifiant. On parle de la Dette comme on parlait de la Peste ou de la Lèpre. Bientôt, nos anciens ministres des finances, qui constituent à eux tous seuls un bataillon entier, devront se promener avec une lourde capuche sur la tête et une petite clochette au bout des doigts. « Vous aggravez la Dette ! » se lancent les politiciens, de quelque bord qu'ils soient. L'Opposition reprochera toujours à la Majorité d'aggraver la Dette. Le mot claque, il semble imparable. Comme si l'on pouvait aggraver quelque chose d'aussi grave. A ce point là, on n'aggrave plus rien : on nourrit. Tout comme les généraux de la Grande Guerre nourrissait les batailles en envoyant vers une mort certaine de jeunes recrues élevées pour cela. Ils n'avaient pas le sentiment d'aggraver quoi que ce soit, ils faisaient juste leur travail. Ils savaient de toute manière que la Guerre se gagnerait sans eux. Demander à un gouvernement de résorber la Dette, cela revient à demander à un armurier de fabriquer de la paix.

Avec un peu de chance, Yann Arthus-Bertrand a raison. Avec un peu de chance, l'humanité est sur le déclin. Elle va périr, étranglée par son propre goût du luxe, contredite dans sa foi profonde en un monde créé par Dieu pour ceux qui furent faits à son image. La Terre va rappeler aux hommes que les arbres ne croient pas en Dieu, pas plus que la couche d'ozone ou les baleines bleues. Et l'homme, autrement dit les quelques survivants de l'imminente apocalypse laïque que nos scientifiques ont élaboré avec autant de soin que d'aveuglement, vivra dans une précarité exemplaire. Sous terre, peut-être. Quelque chose dans ce genre-là. Et à ce moment-là, la Dette, quelle importance aura t-elle encore ? Qui peut se soucier de l'ardoise si nous revenons à l'âge de pierre ?

Oui, c'est la première solution envisageable : pour nous sortir de la Dette, on peut encore espérer la Fin du Monde. Nicolas Sarkozy l'a bien compris, lui qui ne fait rien d'autre que des discours pour nous l'éviter. Et avec des adversaires comme un photographe aérien financé par Pinault-Printemps-Redoute ou un animateur de télévision sponsorisé par Rhône-Poulenc, elle n'a pas beaucoup de soucis à se faire, la Fin du Monde. Autant l'inviter tout de suite en visite diplomatique et lui dresser des tentes dans la cour du palais de l'Elysée. A moins que cela n'ait déjà été fait.

Mais parfois les gens se trompent. Ce serait triste, je vous l'accorde, mais si la Fin du Monde se faisait attendre ? Si elle ne survenait pas tout de suite. Si, soyons fous, nous trouvions un moyen de la retarder, voire de l'éviter, ou disons d'en limiter les dégâts ? Nous serions bien déçus, c'est certain. A l'image de cet astrologue dans Tintin, chapitrant son assistant qui avait mal calculé le point d'impact d'un météore censément destructeur. Mais les briques, ça flotte, fait justement remarquer le reporter belge. Et la Dette, c'est un sacré paquet de briques, précisément. Sans Fin du Monde, elle reste là, la Dette. Alors que faire ?

L'hypocrisie de nos sociétés marchandes nous interdit de donner de l'argent. Donner c'est mal, reprendre c'est mieux. Alors, quand nous acheminons des sommes plus ou moins (souvent moins) conséquentes à des pays en difficulté, nous faisons mine de les leur prêter. Bien entendu, ce sont des prêts à fonds perdus, personne n'est dupe. Et quelques décennies plus tard, lorsque cet argent a été soigneusement réparti entre les dictateurs, leurs officiers militaires et le Clergé local, lorsque le peuple a fini de sucer les quelques miettes qui ont par mégarde glissé des nappes du pouvoir, alors nous pouvons venir dans ces pays et annoncer triomphalement, ô comble de la générosité, que nous effaçons la Dette. Nous l'annulons.

Mais cela n'est possible que dans le cadre de prêts entre nations. La France n'emprunte pas d'argent à l'Ethiopie ou au Bengladesh. Elle emprunte à des organismes privés, de belles banques rutilantes, basées dans les paradis fiscaux que nous faisons mine de vouloir mettre au pas. Et les entreprises se fichent bien de la philanthropie. Il suffit d'avoir un découvert de 20 euros pour s'en taper l'équivalent en agios. Vous croyez vraiment que sur une Dette de plusieurs dizaines de milliards, et juste parce que Carla Bruni a un beau cul, les banquiers internationaux vont être tentés de faire un geste ?

L'annulation, elle ne pourrait venir que du débiteur, pas du créancier. C'est là qu'elle se niche, la solution. Imaginez la scène. Mais si, faites un effort. Nous sommes fin 2011. Nicolas Sarkozy a peur de ne pas être réélu. Il stresse. Rachida Dati lui envoie des menaces de suicide chaque jour par SMS, François Fillon grimpe dans les sondages, et Dominique de Villepin annonce (en alexandrins) sa candidature pour les Présidentielles. Il faut frapper fort, et autrement qu'avec des matraques, car entre les caméras de télévision partout dans les rues et les bâtiments publics, les portiques de sécurité et les fouilles systématiques à l'entrée des écoles, et l'installation de plusieurs usines Karcher au sein des banlieues difficiles, il n'y a vraiment rien à faire de plus en matière de sécurité. Alors, sans concertation préalable (le Ministre de l'Economie, au nom de l'ouverture, a été remplacé par l'un des chevaux de François Bayrou), Nicolas Sarkozy demande à son ami Dassault de lui confier la Une du prochain Figaro. Et fait rédiger par l'un de ses nègres un article retentissant dont le titre fort, puissant, s'étale en grasses lettres sur toute la largeur de la page : « J'ANNULE ! ».

« J'annule la Dette publique de la France. A compter d'aujourd'hui, la France ne doit plus d'argent à ses créanciers. Elle ne payera plus d'intérêts. Elle ne payera plus rien. Si tu n'es pas d'accord, alors descends me le dire si tu es un homme, ou alors casse-toi pauvre con ! »

Que voulez-vous qu'elles fassent, les banques ? Elles n'ont pas d'armée. Elles pourront toujours appeler à l'aide les autres pays, aller pleurer à l'ONU, et après ? Qui va déclarer la guerre à la France ? Barack Obama ? Poutine ? Merkel ? La Chine ? Et dans quel intérêt ? Comment espérer renflouer les caisses de ces banques orphelines de leurs gros sous en livrant à un pays une guerre qui le rendrait insolvable pour un bon siècle à venir ? Et pourquoi envoyer se faire trucider des soldats pour de l'argent qui ne finirait dans les poches de personne d'autre que de quelques citoyens mi-suisses mi-luxembourgeois, résidant dans les îles Fidji et circulant dans des voitures de luxe immatriculées à Monaco ?

La voici, la solution, à défaut de pouvoir compter sur l'effet de serre, la fonte des glaces et les rayons ultra-violets. Déformer le capitalisme mondial. Se lancer, décomplexé, vers les sommets du Gravos. Pour justifier sa décision, notre président trouvera où piller. Lui qui a su trahir Jaurès en prétendant le citer n'aura pas de difficultés pour tirer de Proudhon la substantifique moëlle de ses nouvelles orientations. Et les gens de l'Opposition seront bien en mal de le critiquer, à l'exception de Strauss-Khan, qui ne tend vers la gauche que dans son caleçon. Besancenot ne saura plus où se mettre. Krivine en fera une jaunisse, comme tous les anciens maoïstes. Et François Bayrou se sentira tellement perdu qu'il organisera un débat avec Cohn-Bendit,  juste pour se défouler un peu.

« J'annule ! » et nos enfants pourront envisager l'avenir d'un air radieux, s'empressant à leur tour de fabriquer de nouvelles dettes auprès de nouveaux créanciers, car des créanciers il y en aura toujours. Pour s'imaginer que les banquiers sont moins naïfs et plus lucides que le reste des hommes, il faut vraiment n'avoir jamais entendu parler d'Edouard Stern.

L'argent est devenu virtuel. Que la Dette le soit aussi. La majorité des français jugent plus importants de donner à manger à leurs enfants que de donner de l'argent à leur banquier. Nicolas Sarkozy étant un homme à sondages, il ne manquera pas d'en tirer les conclusions qui s'imposent, si j'ose dire...  

Ce sera une belle connerie, oui, probablement. Le Paquet Fiscal aussi, c'était une belle connerie. On dénonce plus volontiers les conneries qui font perdre de l'argent aux riches que celles qui n'en rapportent qu'aux pauvres, mais après tout, pourquoi pas ?

Ensemble, tout est possible ?

Alors, chiche ! 
 
Par Thenor Fulimate et Ronald Pacemaker - Communauté : Humour de tout genre
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Mercredi 17 juin 2009
 
Rachida Dati va bientôt quitter son ministère pour aller siéger à Bruxelles. Tous les professionnels de la justice et tous les députés UMP lui ont dit « merde ! ». Mais ce n'était pas pour lui souhaiter bonne chance.

Les experts-psychiatres nient la notion de « déni de grossesse » pour le cas de Véronique Courjault. Reste toutefois la théorie d'une frigidité mal compensée.

On parle enfin d'interdire l'Eglise de Scientologie en France. On devrait aussi envisager d'interdire à Tom Cruise de jouer dans des films. Pas parce qu'il est scientologue, mais parce qu'il joue vraiment trop mal !

Marc Machin, après avoir été innocenté dans une première affaire, est soupçonné à présent d'agression sexuelle. Forcément, avec un nom pareil, cet homme fait tout et n'importe quoi pour se faire remarquer.

Epidémie de virus H1N1 dans un collège de Toulouse. Rien d'étonnant à ce que la grippe aviaire se sente à l'aise dans la Ville Rose.

Nicolas Sarkozy aurait déclaré aux obsèques d'Omar Bongo : « Enfin un Homme Africain qui entre dans l'Histoire ! »

Le nombre de policiers sanctionnés par l'IGN est en hausse. Vivement que l'UMP se serve de ces chiffres pour défendre son crédo de la lutte contre l'insécurité.

Un sondage révèle que 78 % des français veulent organiser eux-mêmes leurs vacances. C'est logique : les compagnies d'aviation sont devenues trop imprévisibles. On paye pour un Rio-Paris, et on se retrouve à faire de la plongée sous-marine !

Le monde de l'art est devenu une telle jungle que le Musée Branly organise une exposition sur Tarzan.

Dimanche 14 juin, c'était la journée mondiale du Don du sang. Vladimir Poutine voulait organiser un festival pour l'occasion, mais les Tchétchènes se tiennent tranquilles en ce moment.

Et enfin, l'Ayatollah Khamenei a officiellement demandé à Salman Rushdie d'écrire une suite aux Versets Sataniques. Ce serait à ses yeux le seul moyen de ramener l'unité nationale au sein du peuple iranien.
 
Par Le Never Trust - Communauté : Que de l'humour
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Vendredi 12 juin 2009
 
François Bayrou juge que le soutien de Nicolas Sarkozy à José Manuel Barroso n'est « pas le bon choix ». Le Président du Modem n'ayant cependant pas été « le choix » de grand monde, peut-être devrait-il envisager de retourner un temps dans ses écuries.

A ce propos, on peut se demander qui François Bayrou accusera en cas de contre-performance d'un des chevaux qu'il possède : Daniel Cohn-Bendit, ou Yann Arthus-Bertrand ?

Selon certaines théories, l'airbus A330 du vol Rio-Paris se serait disloqué en plein vol. Il appartenait au Parti Socialiste ?

Le décès d'Omar Bongo est prétexte à de nouvelles querelles entre Valery Giscard d'Estaing et Jacques Chirac. On se demande lequel des deux aura l'occasion d'aller faire pipi sur la tombe de l'autre !

Jack Lang critique vertement le Conseil Constitutionnel qui vient d'invalider les sanctions juridiques prévues par la loi Hadopi. Ce type-là veut tellement plaire à Nicolas Sarkozy qu'il serait capable de changer de sexe et de se faire poser des implants mammaires.

Julien Dray est la cible d'une enquête judiciaire concernant le financement de S.O.S. Racisme. C'est à ce genre de choses que l'on voit qui, au sein de l'opposition, est considéré comme une menace potentielle par le Président de la République.

Le remaniement ministériel est annoncé pour le 24 juin. On sait déjà à peu près à quoi s'en tenir : au jeu des chaises musicales, ce sont toujours les trous du cul qui gagnent.

Seule incertitude : Claude Allègre sera t-il nommé ministre malgré le score étonnant des écologistes aux élections européennes ? L'ancien compagnon de Lionel Jospin en est convaincu : « Europe-Ecologie n'a fait que 16 %, tandis que moi, je fais 60 % de matière grasse ! »

Galvanisé par son succès, Daniel Cohn-Bendit va pouvoir faire ce qu'il adore par dessus-tout : de basses tractations  et de viles manoeuvres politiques. Voilà ce qu'il nous reste de l'héritage de mai 68 : « sous les pavés, la merde ! »

Les médias n'en finissent plus d'émettre des hypothèses sur le thème : « qui est le père de l'enfant de Rachida Dati ? ». Ont été évoqués, entre autres, Nicolas Sarkozy lui-même, Bernard Laporte, José Maria Aznar... De deux choses l'une : soit ces journaleux considèrent la Garde des Sceaux comme la pire des Marie-couche-toi-là qu'ait jamais connu la Cinquième République, soit quelqu'un leur a transmis la liste des convives d'une partie fine organisée à l'Elysée...

La Garde des sceaux qui, face à ces rumeurs, clame à juste titre le droit au respect de sa vie privée. Pendant ce temps, à travers la recrudescence des suicides en prison, de plus en plus de personnes sont également de vie privée. Mais celles là n'auront sans doute jamais droit au respect de Rachida Dati.
 
Un gardien Noir abattu par un néo-nazi dans l'enceinte du musée de l'Holocauste de Washington. Dieudonné va certainement reprocher au lobby sioniste d'utiliser les hommes de couleur comme boucliers humains.

Le Droit au logement opposable fonctionne mal. C'est évidemment un sujet plus difficile à régler que le tout-à-l'égoût de la villa de madame Bruni-mère.

Et enfin, évacuation d'un immeuble après qu'un homme ait tiré plusieurs coups de feu dans son appartement. Faire la chasse aux cafards n'est décidément pas un bon moyen pour s'attirer la sympathie de son voisinage.
 
 
Par Le Never Trust - Communauté : Humour de tout genre
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